EREM réduit sa consommation énergétique grâce au parcours PROREFEI

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Responsable financier au sein de l’entreprise EREM depuis 26 ans, Nicolas Cornu a récemment franchi une nouvelle étape en se formant au rôle de référent énergie dans le cadre du dispositif PROREFEI. Destinée aux salariés de l’industrie, cette formation vise à structurer et piloter des actions concrètes d’économies d’énergie au sein des sites de production. Elle s’inscrit dans le programme PACTE Industrie, qui soutient la décarbonation du secteur industriel grâce à un cofinancement significatif des formations. Dans cet entretien, Nicolas Cornu revient sur ses motivations, les actions mises en place grâce à la formation et comment sa vision de l’efficacité énergétique a changé.

Quels étaient les enjeux en termes de réduction d’empreinte carbone pour l’entreprise EREM ?

Initialement, notre consommation d’énergie tournait autour de 420 à 430 mégawattheures par an. Ce n’est pas énorme, mais ça reste un vrai enjeu. Parce que l’énergie, on le sait tous, ce n’est pas inépuisable, et ça a un coût. L’idée, c’était donc de regarder, à notre niveau, ce qu’on pouvait mettre en place pour réduire nos dépenses énergétiques. Ensuite, nous avons réfléchi aux gestes simples à adopter pour diminuer notre consommation et notre empreinte environnementale.

Quels objectifs la formation PROREFEI vous a-t-elle permis de définir ?

C’est surtout pendant les six mois de coaching individualisé que nous avons pu formaliser nos objectifs en matière de décarbonation et d’efficacité énergétique. Nous avons défini une cible : réduire de 10 % notre consommation d’électricité et de 10 % celle de gaz. J’ai terminé la formation en décembre 2023.
Résultat : dès la première année, nous avons atteint l’objectif sur l’électricité, et nous sommes allés au-delà sur le gaz, avec une baisse de 16 %, soit 6 points de plus que prévu. La deuxième année, nous avons consolidé ces résultats en maintenant le même niveau de consommation.

Quel est votre retour sur le dispositif de formation PROREFEI ?

À la base, l’efficacité énergétique, ce n’était pas du tout mon domaine – je suis plutôt finance et comptabilité. C’est justement pour ça que le coaching individualisé proposé par PROREFEI m’a été vraiment utile. J’ai pu combler mes lacunes, reprendre les bases à mon rythme, et monter en compétences progressivement. Mon formateur-coach m’a beaucoup aidé à mettre la théorie en pratique, à faire les bons choix, à prendre les bonnes décisions pour l’entreprise.

Comment votre vision de l’efficacité énergétique a-t-elle évolué ? Qu’est-ce qui a changé au quotidien ?

La formation m’a permis de mieux comprendre ce que l’on consomme réellement. J’étais convaincu que nos grosses machines d’usinage étaient les principales sources de consommation. Et en fait, pas du tout. Par exemple, l’air comprimé que nous utilisons pour les alimenter représente 22 % de notre consommation, alors que les machines elles-mêmes ne représentent que 17 ou 18 %. Et notre process de soudure automatisé, lui, consomme entre 28 et 30 % à lui seul.
Au quotidien, il y a plein de petites choses qui ont changé. Je suis devenu celui qui éteint toutes les lumières derrière les collègues – ce qui fait râler tout le monde (rires). Plus sérieusement, nous faisons plus attention à des gestes simples. Par exemple, dans notre atelier de 4 000 m², en hiver, lorsque nous sortons le camion pour une livraison, nous prenons désormais soin de refermer la porte rapidement. Avant, elle pouvait rester ouverte une heure entière, le temps du trajet. Maintenant, on la ferme aussitôt, ce qui évite les consommations inutiles.

Quelles actions concrètes ont été mises en place suite à la formation ? Sur quels process ou utilités ?

Avant la formation, nous fonctionnions avec deux compresseurs d’air en location. En comprenant mieux notre consommation, nous avons décidé d’investir dans un seul compresseur avec un variateur, qui couvre aujourd’hui à lui seul une plus grande plage de puissance et de volume d’air que les deux anciens réunis. Résultat : un coût d’achat et d’entretien réduit, et une baisse de 6 points sur notre consommation d’énergie.
Nous avons aussi mené une campagne de sensibilisation auprès des salariés, en rappelant les bons réflexes : éteindre les machines, couper la lumière, etc. Ensuite, nous avons lancé un “challenge énergie” pour atteindre nos 10 % de réduction d’électricité et de gaz. Tout le monde a été impliqué, et une fois l’objectif atteint, nous avons offert des cartes cadeaux pour remercier les équipes. L’idée, c’était de montrer que les petits gestes, mis bout à bout, ont un vrai impact.

Avez-vous suivi l’une des formations thématiques proposées en complément de PROREFEI ?

Oui, j’avais repéré deux modules complémentaires qui m’intéressaient. J’ai suivi le premier en novembre 2024, sur le financement des investissements liés à la réduction des coûts énergétiques, et sur les aides et subventions existantes. C’était très utile pour savoir où chercher, à quels montants on peut prétendre, quels sont les organismes à contacter, etc.
Je viens aussi de terminer le deuxième, sur les énergies renouvelables. Nous avons un objectif pour 2026 : installer du photovoltaïque sur le toit de l’entreprise. Ce module m’a permis d’avoir une vue d’ensemble sur le sujet, de mieux cerner les étapes à suivre, les bonnes pratiques, et les questions à se poser pour mener ce projet à bien.

Un conseil à donner à quelqu’un qui hésite à suivre la formation, surtout si ce n’est pas son domaine ?

Je dirais de ne pas hésiter, de foncer. Les lacunes, ça se rattrape. Vous serez entouré de personnes compétentes, que ce soit les autres stagiaires ou les formateurs coachs. Ce sont des gens bienveillants, là pour vous aider. On ne peut pas tout savoir, mais on apprend petit à petit. Et honnêtement ça vaut le coup.

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