L’optimisation énergétique, un réel enjeu pour l’industrie papetière

Publié le 28 avril 2021

Isabelle Margain,  Directrice Générale de l’Association Technique de l’Industrie Papetière (ATIP) aborde avec nous l’importance de l’optimisation énergétique dans le secteur papetier. Lors de cette interview, nous sommes également revenus sur les expériences des 14 adhérents de l’ATIP ayant participé à la formation PROREFEI.

 

L’ATIP, qu’est-ce que c’est ? Quelles sont ses missions et son rôle dans l’industrie papetière ?

« L’ATIP est une organisation centrale au sein de la filière papier carton dont la mission est de capitaliser sur tous les savoir-faire de l’industrie et surtout de les diffuser.

Il s’agit donc d’un catalyseur de savoir-faire de cette filière industrielle très spécifique qu’est l’industrie papetière et qui demande une très haute technicité de ses ingénieurs.

L’association regroupe aussi bien les fournisseurs que les industriels papetiers autour de thèmes variés tels que la digitalisation des process, l’énergie, l’économie circulaire, le recyclage et bien d’autres.

L’industrie papetière, ce sont 80 sites sur l’ensemble du territoire français et en particulier les régions du Grand Est et du Sud-Ouest, régions historiquement papetières de par la présence de forêts et d'eau, initialement matière première du papier. »

 

Pourquoi l’optimisation énergétique est-elle un enjeu clé au sein de l’industrie papetière ?

 « L’industrie papetière fait partie des industries dites « énergivores » et « électro intensive » puisqu’elle génère une consommation d’énergie importante du fait de la transformation des matières premières en bobines de papier. La matière première étant soit du bois que l’on va cuire ou râper pour en extraire des fibres dont on fera par la suite du papier, soit des papiers-cartons récupérés que l’on va mélanger à de l’eau pour en extraire à nouveau les fibres et les recycler et en faire ainsi du papier. 

Mais si l’industrie papetière est consommatrice, elle est également productrice d’énergie et d’énergie verte en particulier !

Ces dernières années, l’industrie papetière a notamment effectué un certain nombre d’investissements dans des chaudières biomasse permettant de brûler tous les résidus issus de la fabrication. En parallèle, l’industrie papetière dispose de chaudières de régénération qui quant à elles, brûlent les résidus du bois autres que les fibres, pour la production de pâte à papier notamment.

De tout temps, la filière papetière a développé des compétences énergétiques au sein de ses sites de production, elle est également très avancée sur l’optimisation énergétique et compte également poursuivre ses efforts en termes de production énergétique décarbonée ! »

 

Comment la filière papetière et tous ses acteurs abordent la question de l’optimisation énergétique ?

 « Un des points importants au sein de la filière papetière, c’est l’angle du management de la qualité globale. Par exemple, les entreprises papetières sont pour la plupart certifiées ISO 9 001, 14 001, 18 001 et pour certains 50 001. Donc la démarche qualité est très ancrée dans les sites de production.

De notre côté à l’ATIP, nous apportons des échanges de bonnes pratiques, des retours d’expériences sur cette optimisation énergétique. Mais chaque site est très différent d’un autre donc l’optimisation énergétique ne peut pas se transférer d’un site à un autre. L’optimisation énergétique est relativement propre à chaque site puisqu’elle dépend de la matière première, du contexte régional, du produit fabriqué et des procédés utilisés et sur nos 80 sites, il n’existe pas une machine similaire à une autre !

Donc à l’ATIP, les échanges que nous pouvons diffuser et organiser tournent autour du management de l’énergie et ce notamment sur un thème ô combien d’actualité ; la décarbonation de la production énergétique qui constitue un enjeu clé pour nous et autour duquel nous organisons notamment de nombreux événements pour nos adhérents. Par exemple, une journée technique « Energies du Futur » est prévue le 30 septembre 2021 sur le site R&D d’EDF à Paris Saclay.

 

Qu’est-ce que la formation PROREFEI apporte à vos adhérents ?

« L’optimisation énergétique est un sujet clé pour notre industrie. Nous avons donc choisi de promouvoir la formation PROREFEI auprès de nos adhérents.

Nous étions d’ailleurs la première filière industrielle à la mettre en œuvre en 2018 !

Notre objectif c’est de faire profiter les professionnels de l’industrie papetière de ce cursus de formation PROREFEI qui est très utile sur le plan du management de l’énergie.

Les compétences de l’industrie sont très avancées dans l’industrie papetière du fait de sa capacité à produire de l’énergie, au-delà de sa réputation de consommatrice d’énergie.

Une partie de nos adhérents sont déjà certifiés ISO 50 001 et avaient donc déjà des référents énergie au sein de leur site. Mais cette formation, nous l’avons proposée et mise en place pour nos adhérents qui s’orientent vers la certification ISO 50 001.

La formation PROREFEI a permis de les accompagner vers la certification ISO 50 001 et leur a apporté un support et une manière de favoriser les échanges sur ce sujet de l’optimisation énergétique entre les différents sites.

 

Quels sont les retours d’expérience de la part des 14 salariés de votre filière ayant suivi la formation PROREFEI ?

 « Sur la première promotion, nous avons eu un taux de satisfaction vraiment élevé.

Un des points positifs, qui fait d’ailleurs partie de la motivation première des stagiaires, c’est la capacité à rencontrer leurs pairs sur les autres sites, puisqu’ils sont souvent seuls sur leur site de production.

Donc partager de leur expérience, rencontrer leur homologue d'autres sites, et partager de bonnes pratiques sur la base de fondamentaux apportés par le formateur, puis être accompagné sur site par ce même formateur, c’est un des gros facteurs de motivation et c’est ce que permet la formation PROREFEI ! »

Programme PROREFEI - S'inscrire au parcours multimodal - Interview de stagiaires lors du congrès de l'ATIP 2018 - Retour d'expérience de Marjolaine Cullerier, Responsable environnement et énergie, Condat SAS