Interview de Frédéric Fluchaud, référent énergie chez Euralis

Publié le 8 juin 2020

Frédéric Fluchaud est responsable maintenance de tous les sites silos points de collecte de zone Grand Sud-Ouest et a acquis le statut de référent énergie après la formation PROREFEI. Il nous raconte comment la formation a changé sa façon de travailler.

 

Euralis est un groupe coopératif agricole et agroalimentaire du Sud-Ouest qui compte 5006 collaborateurs. Il est composé de plusieurs pôles :

  • Un pôle alimentaire avec la marque Montfort qui s’occupe des foies gras, magrets, plats cuisinés
  • Un pôle semence qui produit les semences de maïs, colza, céréales à pailles etc.
  • Et enfin, un pôle agricole pour les collectes de maïs, de céréales à paille, sur un secteur couvrant la région du grand Sud-Ouest, donc de Toulouse à Bayonne en passant par Bordeaux.

 

Quel poste occupez-vous au sein d’Euralis ?

Je suis responsable maintenance de tous les sites silos points de collecte de la région du grand Sud-Ouest et, depuis la formation PROREFEI, je suis également référent énergie ! Avant la formation, j’avais la casquette énergie sans être officiellement référent, c’est-à-dire que je suis les budgets gaz et électricité depuis déjà quelques années.


Et maintenant, je suis officiellement le référent énergie d’Euralis Céréales dans le pôle agricole.
La formation m’a permis de mieux maîtriser la fonction, d’être plus à l’aise devant les exploitants pour expliquer et mettre en place des mesures afin de faire des économies d’énergie.

 

Comment avez-vous entendu parler de la formation PROREFEI ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous y inscrire ?

C’est grâce à Monsieur Lionel Barbé d’Optinergie, l’un des 12 organismes de formation habilités PROREFEI, avec qui je travaille depuis 10 ans que j’ai entendu parler de PROREFEI. Depuis 2017, on a petit à petit intégré ensemble la démarche ISO 50001.


C’est la direction qui a voulu se lancer dans la certification afin de mettre les économies d'énergies dans toutes les réflexions d'améliorations des installations et des projets neufs, de faire des formations aux exploitants sur la conduite économique des séchoirs ainsi que sur la ventilation. Ça a également permis de sensibiliser le personnel aux économies d'énergies et de mettre plus de moyens sur des investissements sur du matériels permettant de faire des économies.

On est donc désormais ISO 50001 sur le périmètre d’Euralis Céréales et dans la même lancée, j’ai voulu passer cette formation pour être référent énergie. L’objectif pour moi était vraiment de devenir référent énergie et d’accompagner les démarches d’investissement d’économies d’énergie pour Euralis Céréales.

 

Qu’est-ce que la formation PROREFEI a changé dans votre manière de fonctionner au quotidien ?

C’est une mise à niveau qui permet de se rendre compte de ce qu’on peut économiser au niveau financier et ensuite ça nous permet de voir partout où l’on peut faire des économies d’énergie, d’intégrer systématiquement cette réflexion dans nos démarches investissement et d’aller motiver les gens aussi !

Maintenant, dès que je fais un cahier des charges, j’intègre systématiquement une partie économie d’énergie dans la démarche. Donc ça a bien impacté ma méthodologie globale finalement puisque par exemple je suis en train de faire un cahier des charges pour un remplacement d’armoire électrique et j’intègre systématique le comptage d’énergie, le fait d’essayer de voir si on peut mettre un variateur de vitesse pour faire d’autres économies sur la ventilation. C’est systématique maintenant !

 

Est-ce que ça a eu un impact sur vos collègues autour de vous ?

Oui, par exemple l’adjoint avec qui je travaille, maintenant j’arrive à le motiver, je lui en parle, je lui demande s’il y a pensé. Et c’est vrai que dans les silos c’est plutôt dans la ventilation que je joue mon rôle de référent énergie en leur expliquant que ça ne sert à rien de ventiler pendant des heures. C’est un travail de fourmis.


Les gens sont bien impliqués. Et puis c’est palpable, ils le vivent aussi chez eux et quand on commence à toucher au portefeuille, je pense que c’est une source de motivation aussi pour les gens !

 

Comment est-ce que la formation s’est organisée dans votre entreprise ?

Je suis le seul de mon secteur à avoir fait la formation mais je l’ai faite en même temps que mes collègues du pôle semence qui eux étaient trois. Ça n’a pas vraiment créé de réseau référents entre nous puisque finalement on n’a pas les mêmes contraintes mis à part la ventilation, mais c’est vrai que nous pourrions en discuter.

 

Quelles actions concrètes avez-vous mises en place dans l’entreprise ?

Déjà sur les budgets investissement 2018-2019 on avait une enveloppe qu’on appelait « Optiénerg’us » : on a investi sur de la variation de vitesse pour de la ventilation de séchoirs et sur du comptage gaz et électricité avec des mises à niveaux de supervision pour créer des tableaux dynamiques dans la supervision.

Cette année, je dispose d’une enveloppe dont le gros projet est de contrôler l’humidité entrée et sortie de séchoir en continu. Ça permet à l’exploitant de piloter son séchoir avec plus de rapidité et comme c’est lié au gaz, ça permet de faire des économies.

Et ensuite, on a une petite enveloppe sur la finalisation de comptage gaz et électricité sur d’autres sites. Moi par exemple, je couvre à peu près une quinzaine de silos sécheurs, donc ça met un peu de temps à équiper tout le monde.

On a vraiment un beau budget pour mettre en place des actions concrètes !

Le reliquat partira sur de la variation de vitesse parce que dans nos applications, il y a moyen d’économiser sur de la ventilation et des machines à bande notamment.

Nous avons investi dans de la variation économique de vitesse (VEV) sur nos séchoirs ; sur le séchoir d'Oloron le retour sur investissement est de moins de 2 ans ! C'est un excellent résultat ! 
Pour les autres séchoirs nous serons sur des durées plus longues, mais les petits ruisseaux font de grandes rivières. Et le klwh le moins cher est celui que l'on n'a pas consommé !

 

Êtes-vous toujours en contact avec le tuteur et/ou les autres stagiaires ? ce réseau vous est-il utile ?

Naturellement, je suis toujours en contact avec mon formateur puisque je travaille depuis 10 ans. On ne va pas s’arrêter en si bon chemin !

Il m’aide pour les aspects techniques (la ventilation, voir si on peut baisser les fréquences du moteur pour les faire tourner moins vite tout en restant efficaces) et moi je suis en autonomie sur la consultation des entreprises, je présente le budget et je gère mon emploi.

 

Pensez-vous que votre entreprise va souhaiter former d’autres salariés ?

Il faut continuer dans cette voie il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin, il faut maintenir un budget d’investissement intéressant et montrer que c’est important !