Intégrer les énergies renouvelables et de récupération dans le système de management de l’énergie

Publié le 12 juillet 2021

Le plan de Relance encourage le recours aux énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) dans une perspective de décarbonation de l’industrie. Afin de tirer le meilleur parti des EnR&R, la formation « Référent énergie dans l’industrie et le tertiaire complexe » (PROREFEI) pilotée par l’Association Technique Energie Environnement (ATEE) propose à ses stagiaires un module complémentaire de 7 heures.

La Stratégie nationale bas carbone (SNBC) a gravé dans le marbre les grands principes qui permettront d’atteindre la neutralité carbone en France à l’horizon 2050. Dans l’industrie, la concrétisation de cet objectif implique une réduction de 35% des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 2015, et de 81% en 2050. Bonne nouvelle, cette ambition est appuyée depuis septembre 2020 par le plan de Relance, au travers d’appels à projets « décarbonation de l’industrie ».

 

Bien optimiser ses procédés industriels dans le cadre d’un système de management de l’énergie avant de s’intéresser aux EnR&R

 

« La réalisation des objectifs de la SNBC implique de consommer moins, mais également de consommer mieux », résume dans une formule Audric Lagriffoul, directeur qualité d’Eqinov, une société spécialisée dans les services de performance énergétique. Dans ce contexte, alors que l’industrie représente 18% des émissions de gaz à effet de serre dans l’Hexagone, le recours aux énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) apparait comme un levier de décarbonation intéressant. Un levier qui doit toutefois être actionné à bon escient, dans le cadre d’une démarche d’efficacité énergétique globale.

Pour le directeur qualité d’Eqinov, ce n’est qu’une fois les procédés industriels optimisés, qu’une entreprise doit se pencher sur le sujet des EnR&R. Et en la matière, elle doit commencer par se focaliser sur la ressource la plus largement disponible : la chaleur fatale. En effet, selon une étude de l’ADEME le gisement national de cette énergie de récupération serait de 51 TWh dans l’industrie, soit 16 % de la consommation de combustibles du secteur ! Quant aux autres EnR&R (biogaz, solaire thermique, solaire photovoltaïque, géothermie, buées de séchage, etc.), elles doivent au préalable faire l’objet d’études approfondies, afin d’identifier leurs forces et leurs faiblesses.

 

La possibilité d’opter pour des solutions d’énergies renouvelables clés en main

 

« Les industriels privilégient parfois les solutions clés en main proposées notamment dans le solaire photovoltaïque. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi dans la mesure où le gisement de chaleur fatale de leurs ateliers est également exploité », analyse Audric Lagriffoul.

Sans compter que les spécialistes des systèmes de récupération de chaleur fatale offrent également des solutions clés en main et que ces dispositifs sont soutenus par les Certificats d’économie d’énergies (CEE).

 

Les CEE, l’ADEME, les régions et le plan de Relance financent la décarbonation de l’industrie

 

Le programme de formation « Référent énergie dans l’industrie et le tertiaire complexe » (PROREFEI) piloté par l’Association Technique Energie Environnement (ATEE) a défini une échelle de quatre grandes catégories d’actions en fonction de leur degré d’investissement. Il s’agit, dans l’ordre croissant : des actions organisationnelles, des actions de pilotage-maintenance, des actions techniques dont le retour sur investissement (ROI) est inférieur à trois ans et enfin, des actions de conception.

« Grâce au dispositif de CEE, certaines actions de récupération de chaleur fatale basculent dans le niveau technique de cette hiérarchie. Par comparaison, des actions de récupération d’énergie dans les fumées appartiennent à la quatrième catégorie, car elles impliquent des études plus poussées. Elles sont finançables dans le cadre d’opérations CEE spécifiques, mais des aides de l’ADEME et des Régions sont également mobilisables », détaille Audric Lagriffoul.

Le plan de Relance apporte sa pierre à cette dynamique. Suite au succès des deux dispositifs lancés via l’ADEME, un appel à projets unique (DECARB IND) a été reconduit en 2021 avec un périmètre élargi : outre l’amélioration de l’efficacité énergétique, la transformation des procédés dès qu’elle contribue significativement à la décarbonation de l’industrie est désormais éligible. C’est le cas par exemple, de l’électrification des process de production.

Le directeur qualité d’Eqinov estime que l’ADEME cadre bien les dossiers de candidature pour les projets importants mobilisant le fond chaleur ou les CEE spécifiques. « La réponse aux appels à projet implique de fournir un audit énergétique démontrant une optimisation préalable des réglages des procédés. En effet, il serait erroné d’investir dans les EnR&R sans avoir réalisé une démarche d’efficacité énergétique (par exemple : corriger en amont les fuites d’air comprimé, etc.). »

 

Monter en compétences sur les énergies renouvelables, un levier pour mener à bien ce type de projet !

 

 Afin d’aider les référents énergie dans l’industrie à mieux appréhender ces enjeux, la formation PROREFEI lancée en 2018 démarrera en novembre prochain les premières sessions d’un module complémentaire de 7 heures intitulé « Intégrer les EnR&R dans mes projets ».

Et Audric Lagriffoul de conclure. « Il est important que les référents énergie disposent de clés. Par exemple, dans le cadre du renouvellement de groupes froids ou de centrales de production d’air comprimé, il est bon de savoir que certains fabricants proposent en option des modules qui  peuvent se greffer sur des installations de récupération de chaleur existantes ».

 

Pour tout savoir sur le module, connaître les dates des sessions et s'inscrire, cliquez ici

Pour plus d'informations sur PROREFEI, La formation dédiée aux salariés en charge de l'énergie : www.prorefei.org

Pour en savoir plus sur le programme PRO-SMEn (prime jusqu'à 40 000 euros)www.pro-smen.org

 

Philippe Bohlinger

 

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