3 questions à… Jean Christophe Lagarde

Publié le 2 octobre 2019

Depuis 1936, la société normande SEPOA travaille le fumage et le salage de divers produits de la mer. Son gérant, Jean-Christophe Lagarde, a récemment fait entrer l’entreprise dans une nouvelle ère, plus responsable et soucieuse de l’environnement. Il nous raconte comment a été menée cette évolution énergétique.

 

Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la question de l’économie d’énergie ? 

« La chambre de commerce nous a proposé un audit énergétique qui ne coûtait pas très cher et qui était en partie pris en charge. Ce rendez-vous nous avait déjà été proposé à plusieurs reprises mais je l’avais reporté ; finalement, j’ai pris le temps d’écouter l’auditeur et ça a été le déclic. C’est ainsi que nous nous sommes lancés. Il s’agissait d’un audit complet des coûts énergétiques de l’entreprise : air comprimé, électricité et eau.

Une fois l’audit opéré, nous a été remis un document global sur les actions à mener à l’intérieur de l’entreprise pour réduire notre consommation d’énergie – sans forcément changer de matériel. Parmi les propositions, il y avait des opérations avec un retour sur investissement de plus de 15 ans et d’autres permettant de faire des économies à très court terme (exemple : changement des tubes fluorescents par des LED).

Nous avons donc mandaté la personne qui nous avait fait l’audit pour aller plus loin et nous engager concrètement. Notre objectif était de prioriser nos actions et en particulier de travailler sur les postes les plus impactant sur les aspects financiers et environnementaux.

Ce mandataire nous a aussi aidés à déterminer exactement le matériel qu’il fallait mettre en place, et nous a accompagnés pour trouver les bons prestataires et partenaires pour concrétiser nos projets.

Trois mois après le premier audit les premières actions concrètes ont commencé à voir le jour. »

 

Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

« Non seulement une économie pour l’entreprise mais aussi pour la planète.

Le retour sur investissement programmé par l’auditeur était de l’ordre de 1 à 2 ans. Donc dans ces conditions évidemment, je signe tout de suite ! Surtout sur des énergies qui sont de toutes façons à moyen et long terme coûteuses et polluantes.

Finalement, le retour sur investissement a été immédiat puisque l’investissement a été totalement financé grâce au dispositif des CEE. Aujourd’hui, notre consommation de fuel est passée de 25 000L à 15 000L par an, soit une économie d’environ 6 000 euros par an. »

 

Les comportements évoluent au sein même de l’entreprise

Dans notre entreprise, nous mettions également en place la RSE*. L’efficacité énergétique faisant partie du RSE, cela a permis de faire un bond en avant en la matière. Nous sommes donc moins polluants (diminution de notre consommation de fuel), plus engagés et cela nous permet de mettre ces efforts en avant en termes de communication avec nos clients et partenaires.

« Aujourd’hui, c’est une demande à la fois de nos clients, nos consommateurs et c’est un besoin indispensable pour la planète demain ! »

Le personnel qui a participé à la mise en place de ces premières économies continue à prêcher la bonne parole auprès du reste du personnel. Tout le monde se trouve impliqué. Il y a une vraie prise de conscience de l’ensemble du personnel sur les problématiques d’économies d’énergie et aussi sur le fait qu’il ne faut pas « gâcher » comme par exemple avec les fuites en matière d’air comprimé.

Les plus anciens de l’entreprise disent : « si on consomme moins d’eau ça coute moins cher à l’entreprise » et les jeunes disent « si on consomme moins d’eau c’est mieux pour la planète ». On va dans le même sens mais avec deux cordes différentes ; on sensibilise de façons différentes, mais tout le monde est sensibilisé et c’est ça l’intérêt.

À terme, je pense que nous ferons la formation PROREFEI puisque toute cette prise de conscience a nourri une autre réflexion : à chaque projet nous nous demandons désormais quelles économies d’énergie sont envisageables et quel est le retour sur investissements.»

*RSE : Responsabilité Sociétale des Entreprises